LA JEUNE RÉPUBLIQUE FACE AUX MENACES (1793-1794)
Comment la jeune République parvient-elle à surmonter les dangers qui la menacent ?
Objectifs
Se repérer dans le temps et construire des repères historiques
✔️ Identifier et nommer une période historique : la « Terreur »
✔️ Identifier et expliciter les dates et acteurs clés de grands événements
✔️ Mettre en relation des faits ou événements différents
S’approprier des notions et outils
✔️ Transposer une chronologie en carte
Vocabulaire
- Comité de Salut public. Gouvernement révolutionnaire doté de pouvoirs exceptionnels dès 1793
- Convention. Assemblée révolutionnaire élue au suffrage universel masculin en septembre 1792 : elle est d’abord dominée par les Girondins de 1792 à 1793, puis par les Montagnards de 1793 à 1794
- Fédéralistes. Révoltes déclenchées dans plusieurs villes de province dès 1793 contre le pouvoir des Montagnards
- Girondins. Groupe de députés formant la droite modérée, attachée aux principes de 1789 mais qui se méfie du peuple. Derrière Brissot, les Girondins collaborent avec le roi en 1791 puis exercent le pouvoir dès septembre 1792
- Loi du Maximum. Loi visant à empêcher la hausse des prix des produits de première nécessité
- Montagnards. Députés républicains partisans d’une révolution sociale. Proches des sans-culottes, ils veulent radicaliser la Révolution en instaurant une république plus sociale et égalitaire. Ils dominent la Convention à partir de l’arrestation des députés girondins en juin 1793
- République. Régime politique dans lequel le pouvoir est exercé par des représentants élus pour un mandat temporaire
- Terreur. Politique de répression menée par le gouvernement révolutionnaire dominé par les Montagnards de 1793 à 1794
- Tribunal révolutionnaire. Cour de justice d’exception à caractère politique créée en 1793. Entre mars 1793 et juillet 1794 plus de 2 600 personnes sont guillotinées après avoir été condamnées à mort par le Tribunal révolutionnaire
Consignes
À partir des éléments soulignés de la chronologie, réalise une carte afin de montrer comment la France parvient à surmonter les dangers qui la menacent durant la « Terreur » de 1793 à 1794.
Chronologie
21 septembre 1792. Proclamation de la Première République.
21 janvier 1793. L’exécution de Louis XVI provoque l’alliance des monarchies européennes. En effet, l’Angleterre, la Hollande, l’Autriche, le Saint-Empire Germanique, la Sardaigne ainsi que l’Espagne, inquiets que la vague révolutionnaire française puisse toucher leurs royaumes, s’unissent contre la jeune République et attaquent la France.
23 février 1793. L’Assemblée, dominée par les Girondins, fait recruter 300 000 jeunes hommes pour défendre le pays. Ce sont les hommes non mariés, valides et souvent âgés de 18 à 25 ans qui sont prioritairement appelés à combattre.
3 mars 1793. Début du soulèvement contre-révolutionnaire de Vendée : les paysans, majoritairement catholiques et royalistes, s’opposent à la République et au recrutement militaire forcé.
4 mars 1793. Passage du côté autrichien du général Dumouriez, un proche des Girondins. Un de plus !
2 juin 1793. Attaquée de toutes parts, la République est en danger. À Paris, sous la pression des sans-culottes, les députés Girondins, suspectés de trahison, sont arrêtés tandis que les députés Montagnards prennent le pouvoir.
été 1793. Le coup de force des Montagnards entraîne des révoltes fédéralistes dans les régions fidèles aux Girondins (comme en Gironde, en Normandie, en Provence et Languedoc, en Corse et dans le Lyonnais). Des soulèvements éclatent ainsi dans plusieurs villes : Lyon, Bordeaux, Marseille, Toulon, Caen, Rennes, Toulouse, Nantes, Bourges.
27 juillet 1793. Les députés élisent Maximilien Robespierre, un député radical surnommé « l’incorruptible », comme chef du gouvernement. Opposé à la monarchie, celui-ci défend le petit peuple et des idées progressistes.
4 septembre 1793. À l’Assemblée, Robespierre proclame : « en temps de paix, le gouvernement repose sur la vertu mais en période de révolution, celui-ci a besoin à la fois de vertu et de terreur. Sans vertu, la terreur serait dangereuse et sans terreur, la vertu serait inefficace. Il faut donc utiliser la terreur pour vaincre les ennemis de la liberté ».
17 septembre 1793. La Loi des suspects est votée par les députés. Toutes les personnes soupçonnées d’opposition au régime républicain peuvent ainsi être arrêtées à tout moment, et être condamnées à mort.
29 septembre 1793. Les députés votent l’instauration d’un prix maximum sur les grains afin de lutter contre la hausse des prix. Cette mesure vise à rendre le pain plus accessible aux plus pauvres et à calmer les tensions.
4 octobre 1793. Les députés adoptent un nouveau calendrier (qui remplace le calendrier chrétien) afin d’effacer les traces de l’Ancien Régime : les noms de plantes/animaux/outils remplacent les saints chrétiens et la suppression du dimanche témoignent d’une volonté de sortir de l’encadrement chrétien de la société.
9 octobre 1793. Après trois mois de siège, les troupes républicaines reprennent Lyon aux Fédéralistes : des arrestations et des exécutions sont alors organisées en masse dans la ville par les Montagnards.
15-16 octobre 1793. Victoire de Wattignies : les troupes républicaines, issues de la « levée en masse » et motivées par le patriotisme, parviennent à repousser les armées professionnelles autrichiennes.
16 octobre 1793. Le tribunal révolutionnaire condamne à mort Marie-Antoinette ainsi que 21 députés Girondins.
17 octobre 1793. Victoire de Cholet : les troupes républicaines écrasent les Vendéens contre-révolutionnaires, avec des exécutions massives et des brûlages de villages faisant des milliers de morts.
18 décembre 1793. Les troupes républicaines (commandées par un certain Napoléon Bonaparte, un jeune officier) reprennent la ville de Toulon tombée aux mains des royalistes et des Anglais : la répression est très violente.
26-29 décembre 1793. Victoire de Wissembourg : les troupes républicaines reprennent toute l’Alsace occupée.
4 février 1794. Les députés abolissent l’esclavage dans les colonies.
1er mai 1794. Victoire du Boulou : les troupes républicaines repoussent les Espagnols en Catalogne.
26 juin 1794. Victoire de Fleurus : les troupes républicaines forcent les Autrichiens à se replier hors des Pays-Bas autrichiens. En quelques mois, la France passe ainsi de la défense désespérée à l’offensive victorieuse.
28 juillet 1794. La coalition est repoussée et les révoltes sont écrasées : de nombreux députés veulent alors cesser la Terreur et font guillotiner Robespierre, sans aucun jugement.

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