H2 Étude 3 – 1G

  Consignes 

À l’aide du document et des mots soulignés, réalise une carte de l’Europe en 1848 afin de montrer que les idées libérales et nationales se diffusent en Europe malgré les répressions contre-révolutionnaires.


  Documents 

« En France, le peuple se révolte les 23, 24 et 25 février 1848 et la Seconde République est instaurée. En mars, des émeutes inspirées de celle de Paris éclatent aussi à Vienne, à Berlin et à Prague, puis se diffusent. Celles-ci viennent principalement des villes et émanent surtout de la bourgeoisie intellectuelle, des artisans et des ouvriers. Dans les pays touchés, les moyens de lutte sont similaires : barricades, journaux et affiches pour s’opposer à l’absolutisme des monarques. De Paris à Turin, de Milan à Zagreb ou de Budapest à Palerme, on retrouve les mêmes images de combattants sur des barricades construites avec des matériaux identiques, brandissant drapeaux et fusils. Dans un premier temps, les gouvernements cèdent et certains sont renversés. En Autriche, Metternich démissionne le 13 mars et fuit, caché dans une corbeille à linge. Le lendemain, l’empereur Ferdinand Ier promet une constitution à l’Empire. En Prusse, le 18 mars, le roi accepte lui aussi une constitution après les émeutes de Berlin. Les chefs de ces mouvements insurrectionnels se connaissaient souvent déjà : beaucoup ont été exilés à Paris, Bruxelles ou Londres. Par exemple, le polonais Louis Mieroslawki (actif en Pologne, en Italie, à Berlin, à Paris ou en Sicile) participe à plusieurs révolutions entre 1846 et 1850. Toutes ces révoltes européennes expriment des revendications libérales et nationales : suffrage universel, constitution, autodétermination. En Italie, ce sont surtout des avocats patriotes et des propriétaires libéraux qui rejettent la domination autrichienne. En Allemagne, on réclame l’unité et la fin de la domination danoise au Nord. En Autriche, le gouvernement veut unir les pays de langue allemande. À Prague, on souhaite obtenir plus de libertés politiques ainsi que l’égalité avec les autres peuples de l’Empire. À Budapest, on veut à la fois la suppression des droits féodaux et plus d’autonomie. Ces luttes s’appuient sur une identité commune, construite autour d’une langue, d’une histoire politique et d’une culture. Dès juin 1848 cependant, une vague de répression contre-révolutionnaire s’abat sur l’Europe : l’armée autrichienne reprend Prague et l’armée prussienne met fin au Parlement de Francfort où une assemblée avait été élue pour unifier l’Allemagne. En juillet 1848 puis en mars 1849, l’armée autrichienne met elle aussi fin aux espoirs d’unification en assiégeant Venise… Les puissants royaumes du Piémont-Sardaigne et de Prusse ont toutefois une constitution et semblent désormais capables de mener l’unification de l’Italie et de l’Allemagne. »

D’après Sylvie Aprile, L’Époque contemporaine. Sources, historiographie, controverses, enjeux, Paris, Belin, 2012