LâEUROPE, ENTRE RESTAURATIONS ET RĂVOLUTIONS (1815-1848)
En 1789, c’est le grand chamboulement : on proclame des libertĂ©s jamais vues (libertĂ© dâexpression, de culteâŠ), on coupe la tĂȘte au roi, on instaure le suffrage universel masculin, on sĂ©pare les pouvoirs… Et, avec NapolĂ©on, ces idĂ©es font un sacrĂ© tour en Europe ! Mais quand celui-ci perd la guerre en 1815, tout ce beau programme rĂ©volutionnaire prend un sacrĂ© coup dans les dentsâŠ
problématique centrale
Comment les idéaux de la Révolution sont-ils écrasés de 1815 à 1848 ?
1. LE RETOUR DE L’ANCIEN RĂGIME EN EUROPE (1815-1848)
Comment lâordre ancien est-il rĂ©instaurĂ© en Europe Ă partir de 1815 ?
A) Le congrÚs de Vienne contre la menace de la Révolution (1815)
âą Un congrĂšs dirigĂ© par lâAutriche. De septembre 1814 Ă juin 1815, l’autrichien Metternich (aux idĂ©es bien rangĂ©es) invite Ă Vienne les vainqueurs de NapolĂ©on afin de redessiner la carte dâune Europe bouleversĂ©e par les conquĂȘtes françaises. Ă sa table, on retrouve : le Tsar Alexandre Ier pour la Russie, le roi FrĂ©dĂ©ric-Guillaume III pour la Prusse et Castlereagh pour le Royaume-Uni. La France, mise sous tutelle, est quant Ă elle reprĂ©sentĂ©e par Talleyrand, son ministre des Affaires Ă©trangĂšres.
âą Un congrĂšs contre-rĂ©volutionnaire. Pas de place ici pour les idĂ©es de libertĂ©, d’Ă©galitĂ© et de fraternitĂ©… Le but est clair : enterrer dĂ©finitivement la RĂ©volution française et revenir Ă lâordre ancien. Le congrĂšs de Vienne rĂ©tablit alors les rois dits « lĂ©gitimes » des Bourbons prĂ©sents avant 1789 en France et en Espagne, et il instaure un mouvement conservateur qui rejette la philosophie des LumiĂšres et considĂšre la RĂ©volution française comme une Ćuvre diabolique : selon Metternich, « la dĂ©mocratie divise les peuples tandis que la monarchie les rassemble ». Ambiance !
âą Restaurer lâordre gĂ©opolitique. Le second objectif du congrĂšs de Vienne est de revenir Ă une carte d’avant 1789, avec un bonus pour les vainqueurs : la Russie sâagrandit en grignotant la Roumanie, la Finlande et une partie de la Pologne ; la Prusse empoche l’autre partie de la Pologne ainsi que quelques Ătats allemands ; et lâAutriche rĂ©cupĂšre du terrain dans le Nord de lâItalie et de l’actuelle Croatie.
B) Le congrĂšs de Vienne contre la crainte des nations (1815)
âą Le mĂ©pris des nationalitĂ©s. Lorsque l’Autriche, la Prusse et la Russie redessinent la carte de lâEurope, elles le font pour elles-mĂȘmes sans demander lâavis des peuples concernĂ©s. En effet, l’idĂ©e de la souverainetĂ© nationale nĂ©e de la RĂ©volution française (oĂč chaque peuple choisit son propre gouvernement) est tout simplement ignorĂ©e. Les nations sont ainsi perçues comme contraires aux intĂ©rĂȘts des princes ! Les Empires russe, autrichien et ottoman restent donc de grands empires multinationaux oĂč plusieurs nationalitĂ©s ont le statut de minoritĂ© nationale. Et les Italiens ? Toujours divisĂ©s en petits Ătats. Les Allemands ? Pareil, Ă©parpillĂ©s façon puzzle. Bref, lâEurope est recollĂ©e mais pas vraiment rĂ©parĂ©e…
âą La Sainte-Alliance contre-rĂ©volutionnaire. Face Ă la peur que les idĂ©es libĂ©rales et nationales refassent surface, trois des grands du congrĂšs dĂ©cident de sâunir dans une alliance militaire ultra-conservatrice : la Sainte-Alliance (1815). Leur mission ? RĂ©primer toute rĂ©volte, tout mouvement libĂ©ral ou national, ainsi que sauver les monarchies partout oĂč elles seraient menacĂ©es par des peuples en colĂšre ! Si le pape (pourtant pas trĂšs fan de rĂ©volutions) et l’Espagne refusent dâen faire partie, ce n’est pas le cas du Royaume-Uni et de la France qui rejoignent rapidement lâalliance (1818), histoire de montrer quâeux aussi veulent Ă©viter le retour des rĂ©volutions Ă domicile.
C) Un nouvel ordre rapidement contesté (années 1820 et 1830)
âą Les insurrections des annĂ©es 1820. DĂšs les annĂ©es 1820, des mouvements libĂ©raux se soulĂšvent un peu partout en Europe pour rĂ©clamer des droits : libertĂ© de la presse, libertĂ© de culte, sĂ©paration des pouvoirs⊠(tout ce que le congrĂšs de Vienne avait soigneusement mis de cĂŽtĂ©). Les premiers foyers de rĂ©volte apparaissent en Espagne, au Portugal et en Italie afin d’imposer des constitutions qui limiteraient le pouvoir absolu des rois. Le rapport de force est cependant trop inĂ©gal pour empĂȘcher lâordre conservateur imposĂ© par la Sainte-Alliance : lâAutriche intervient en Italie (1821) et la France intervient en Espagne (1823). RĂ©sultat : les insurrections sont Ă©crasĂ©es et les rois gardent la main.
âą Les insurrections des annĂ©es 1830. Les soulĂšvements reprennent dans les annĂ©es 1830. Lâenthousiasme est lĂ , les idĂ©es libĂ©rales et nationales aussi mais, une fois encore, les puissances conservatrices ne laissent rien passer. En Pologne, les nationalistes se soulĂšvent contre la domination russe : la Russie Ă©crase la rĂ©volte dĂšs 1831 et la France, pourtant sensible Ă leur cause, nâintervient pas. En Italie, des patriotes contestent lâautoritĂ© du pape : lâAutriche intervient encore et rĂ©tablit lâordre en 1832. Ceux qui rĂȘvent de libertĂ© ou dâunitĂ© nationale finissent souvent en prison, en exil ou exĂ©cutĂ©s…
âą LâindĂ©pendance de la GrĂšce et de la Belgique. Paradoxalement en 1830, deux mouvements aboutissent malgrĂ© tout Ă lâindĂ©pendance.
– En GrĂšce, la rĂ©volte contre lâEmpire ottoman dĂ©bute en 1821. AprĂšs le massacre de Chios en 1822, lâopinion publique europĂ©enne est choquĂ©e. En 1827, la France, la Russie et le Royaume-Uni dĂ©cident alors dâintervenir et la GrĂšce obtient son indĂ©pendance en 1830.
– En Belgique, la population se soulĂšve contre le royaume des Pays-Bas. Soutenue discrĂštement par la France, la Belgique devient indĂ©pendante en 1830.
Mais attention, ces indĂ©pendances ne sont pas une victoire pure des peuples : elles sont surtout le rĂ©sultat de jeux dâalliances et dâintĂ©rĂȘts diplomatiques. Pour les grandes puissances, il sâagit parfois simplement de rééquilibrer les forces ou de crĂ©er des zones tampons utiles sur le plan stratĂ©gique.

2. LE RETOUR DE LA MONARCHIE EN FRANCE (1815-1848)
Comment la monarchie persiste-t-elle en France aprÚs plus de vingt ans de bouleversements révolutionnaires ?
A) La Restauration, un retour Ă lâAncien rĂ©gime (1815-1830)
âą Louis XVIII et le retour des Bourbons. En juin 1815, aprĂšs lâĂ©pisode des « Cent jours », NapolĂ©on abdique une seconde fois. Il dĂ©signe son fils NapolĂ©on II comme successeur, mais ce rĂšgne symbolique ne dure pas : Louis XVIII, frĂšre de Louis XVI, entre dans Paris avec le soutien du congrĂšs de Vienne. Et ce dernier reprend les symboles traditionnels de lâAncien RĂ©gime : titre de « roi de France et de Navarre », retour du drapeau blanc et interdiction du drapeau tricolore ainsi que de La Marseillaise. Le ton est donnĂ© !
âą La charte constitutionnelle. Louis XVIII ne peut toutefois pas rĂ©tablir une monarchie absolue comme le souhaitent les ultraroyalistes. Il propose donc une Charte constitutionnelle (1814) « octroyĂ©e » par lui-mĂȘme et un compromis ambigu sâinstalle alors: si quelques acquis rĂ©volutionnaires sont maintenus (Ă©galitĂ© devant la loi, libertĂ© de culte et de presse, impĂŽt partagĂ© entre tous…), le pouvoir reste trĂšs inĂ©gal. Le roi conserve en effet lâexĂ©cutif, il partage le lĂ©gislatif avec deux assemblĂ©es et le suffrage censitaire limite le vote aux plus riches (0,4 % de la population). Ce nâest donc ni une monarchie absolue, ni une monarchie parlementaire moderne : câest une monarchie contrĂŽlĂ©e par une Ă©lite sociale restreinte.
âą Charles X et la tentation absolutiste. En 1824, Louis XVIII meurt sans hĂ©ritier et son frĂšre Charles X lui succĂšde. Chef du camp ultraroyaliste, celui-ci pousse la Restauration encore plus loin : il rĂ©tablit le sacre royal Ă Reims en 1825 (comme sous lâAncien RĂ©gime), il indemnise les nobles Ă©migrĂ©s ayant fui la RĂ©volution et renforce le pouvoir de lâĂglise catholique… Mais en juillet 1830, aprĂšs la victoire Ă©lectorale des bourgeois libĂ©raux, Charles X tente un nouveau coup de force : il supprime la libertĂ© de la presse, dissout la Chambre des dĂ©putĂ©s et Ă©carte une partie de la bourgeoisie libĂ©rale du corps Ă©lectoral. Câest la rupture !
B) La Monarchie de Juillet, une monarchie bourgeoise (1830-1848)
âą Les « Trois glorieuses ». Les ordonnances de Charles X (qui suspendent la libertĂ© de la presse et modifient les rĂšgles Ă©lectorales) mettent le feu aux poudres et dĂ©clenchent une insurrection Ă Paris. Pendant trois jours en effet, les 27, 28 et 29 juillet 1830, le peuple parisien (soutenu par les libĂ©raux et rĂ©publicains) se soulĂšve. Câest la RĂ©volution de Juillet, aussi appelĂ©e les « Trois glorieuses ». L’annĂ©e 1789 semble se rĂ©pĂ©ter et Charles X, forcĂ© dâabdiquer, sâexile en Angleterre ! Les deux Chambres dĂ©signent alors un nouveau souverain : le duc dâOrlĂ©ans Louis-Philippe, que sa posture « bourgeoise » a rendu populaire, devient roi des Français (et non plus « roi de France »). Câest le dĂ©but de la Monarchie de Juillet !
âą Louis-Philippe, le « citoyen-roi ». Le nouveau roi Louis-Philippe cherche Ă incarner le « juste milieu » (lâexpression fit fortune) entre lâhĂ©ritage de la RĂ©volution et lâordre monarchique. S’il prend des mesures symboliques comme le retour du drapeau tricolore et la rĂ©vision de la charte constitutionnelle (le roi ne peut plus suspendre les lois et les dĂ©putĂ©s ont un peu plus de pouvoir), le nouveau roi change peu sur le fond : la monarchie constitutionnelle est toujours lĂ et le suffrage censitaire reste en place, Ă©largi Ă peine (seuls 166 000 citoyens trĂšs riches peuvent voter, contre 110 000 en 1815). Le pouvoir reste donc concentrĂ© entre les mains dâune Ă©lite : enrichissez-vous dâabord, votez ensuite !
âą Une politique autoritaire et conservatrice. MalgrĂ© ses promesses libĂ©rales, le rĂ©gime devient autoritaire et conservateur. En 1831, la rĂ©volte des canuts de Lyon (qui rĂ©clament de meilleurs salaires) est en effet violemment rĂ©primĂ©e par lâarmĂ©e et les oppositions se multiplient au sein de la sociĂ©tĂ© :
– les lĂ©gitimistes veulent restaurer la branche aĂźnĂ©e des Bourbons ;
– les bonapartistes soutiennent le futur NapolĂ©on III qui tente, sans succĂšs, de renverser deux fois le rĂ©gime ;
– les rĂ©publicains, qui ne sâidentifient plus forcĂ©ment Ă la Terreur, sont de plus en plus persĂ©cutĂ©s mais de mieux en mieux organisĂ©s : en juillet 1835, Louis-Philippe Ă©chappe de peu Ă un attentat organisĂ© par ces derniers !
Le gouvernement en profite pour restreindre fortement la presse et interdire les discours rĂ©publicains. Le rĂ©gime prend alors un virage rĂ©pressif, qui trahit les espoirs de 1830. Pour de nombreux rĂ©volutionnaires, Louis-Philippe incarne dĂ©sormais le roi des riches (la figure du « roi-citoyen » cĂšde dĂ©sormais la place Ă celle du « roi bourgeois »), sourd Ă la misĂšre sociale et au souffle dĂ©mocratique. La Monarchie de Juillet entre alors dans une crise de lĂ©gitimitĂ©…

3. L’ĂCHEC DU « PRINTEMPS DES PEUPLES » (1848)
Pourquoi lâannĂ©e 1848 souffle-t-elle un vent dâespoir en France et en Europe ?
A) La « Révolution de février » à Paris (1848)
âą Lâinterdiction des banquets. Face Ă l’interdiction des rĂ©unions politiques, lâopposition rĂ©publicaine lance, entre 1847 et 1848, une campagne de banquets. Officiellement privĂ©s et conviviaux, ces dĂźners servent en rĂ©alitĂ© de tribune pour revendiquer le suffrage universel, critiquer le gouvernement et mobiliser les soutiens. Le rĂ©gime de Louis-Philippe, de plus en plus conservateur sous lâinfluence du ministre Guizot, tolĂšre dâabord ces banquets jusquâĂ celui prĂ©vu Ă Paris en fĂ©vrier 1848, quâil dĂ©cide dâinterdire…
âą La fin de la monarchie. MalgrĂ© lâinterdiction, des manifestants se rassemblent Ă Paris dĂšs le 22 fĂ©vrier 1848, place de la Concorde. Le gouvernement tente alors de dĂ©samorcer la crise en renvoyant Guizot mais, le 23 fĂ©vrier, les troupes tirent sur la foule, faisant plus de 50 morts : lâĂ©motion est immense ! Le 24 fĂ©vrier, des barricades se dressent dans les quartiers populaires de lâEst parisien et le peuple sâempare alors de lâHĂŽtel de Ville. Louis-Philippe, pris de court, abdique sans rĂ©sistance et part en exil, refusant de « faire verser inutilement le sang français ». La Monarchie de Juillet sâeffondre !
âą Le retour de la RĂ©publique. Le 25 fĂ©vrier 1848, dans lâurgence, la Seconde RĂ©publique est proclamĂ©e Ă Paris. Ce soulĂšvement marque le rejet dâune monarchie censitaire incapable de rĂ©pondre aux aspirations dĂ©mocratiques et sociales de la population. La RĂ©publique renaĂźt donc, portĂ©e par lâespoir dâun rĂ©gime plus Ă©galitaire et plus reprĂ©sentatif, mettant ainsi dĂ©finitivement fin Ă la monarchie en France !
B) Le « Printemps des peuples » en Europe (1848)
âą Des rĂ©volutions Ă lâĂ©chelle europĂ©enne. La rĂ©volution de fĂ©vrier 1848 en France agit comme un dĂ©tonateur dans toute lâEurope et des soulĂšvements populaires Ă©clatent dans de nombreux Ătats monarchiques :
– dans l’Empire dâAutriche : Ă Vienne, Budapest et Prague, le peuple se soulĂšve et Metternich, symbole de lâordre conservateur, sâenfuit !
– dans le royaume de Prusse : Ă Berlin, les barricades se dressent, forçant le roi Ă accepter une constitution.
– Ă Francfort, une assemblĂ©e nationale constituante est Ă©lue au suffrage universel : câest le Parlement de Francfort.
– dans la pĂ©ninsule italienne : des rĂ©voltes Ă©clatent Ă Naples, Turin et Rome. En 1849, une RĂ©publique romaine est proclamĂ©e, obligeant ainsi le pape Ă fuir.
Le « printemps des peuples » semble ainsi ĂȘtre celui du triomphe des idĂ©es libĂ©rales, nationales et dĂ©mocratiques contre lâordre du congrĂšs de Vienne !
âą Le retour de bĂąton rĂ©actionnaire. Mais cette vague dâespoir est de courte durĂ©e. DĂšs lâĂ©tĂ© 1848, les monarchies reprennent la main : l’empereur dâAutriche reprend le contrĂŽle de son pays, de la BohĂȘme, de lâItalie et de la Hongrie ; en Prusse, le roi refuse la couronne dâAllemagne offerte par le Parlement de Francfort car celle-ci vient dâun parlement Ă©lu (et non de ses pairs). En juillet 1849, la France envoie des troupes Ă Rome pour rĂ©tablir le pape et faire tomber la RĂ©publique romaine. LâĂ©pisode rĂ©volutionnaire de 1848 sâachĂšve donc, comme celui de 1830, sur une immense dĂ©ception pour les partisans des idĂ©es libĂ©rales !
C) De maigres victoires malgrĂ© l’Ă©chec
1) MalgrĂ© cet Ă©chec, les Royaumes du PiĂ©mont-Sardaigne et de Prusse conservent dĂ©sormais une constitution, et les rĂ©volutionnaires semblent dĂ©sormais en mesure de conduire la lutte pour lâunification nationale de lâItalie dâune part, et de lâAllemagne dâautre part.
2) Par ailleurs, le « printemps des peuples » fait trembler les monarchies europĂ©ennes et prouve que les idĂ©es libĂ©rales et nationales restent vivaces et quâelles continuent Ă menacer les rĂ©gimes autoritaires au cours du 19e siĂšcle⊠LâĂ©chec de 1848 nâest donc quâun recul temporaire mais pas un abandon !
L’ESSENTIEL â€ïž
â Lors du congrĂšs de Vienne de 1815, les grandes puissances victorieuses de NapolĂ©on (Autriche, Russie, Prusse) restructurent lâEurope. Elles restaurent les monarchies traditionnelles, abolissent les acquis de la RĂ©volution française et crĂ©ent la Sainte-Alliance pour maintenir lâordre et rĂ©primer toute insurrection libĂ©rale ou nationale.
â De 1820 Ă 1848, malgrĂ© de nombreuses rĂ©voltes (Espagne, Ătats allemands et italiens…), les revendications des peuples pour davantage de libertĂ©s et de souverainetĂ© nationale sont brutalement rĂ©primĂ©s par la force (Sainte-Alliance) ou bien ignorĂ©s (la Monarchie de Juillet aprĂšs les « Trois glorieuses » de 1830 en France).
â Pourtant, les idĂ©es libĂ©rales, nationales et dĂ©mocratiques continuent de gagner du terrain : elles sont dĂ©sormais portĂ©es par la bourgeoisie capitaliste et le monde ouvrier en plein essor. MĂȘme si ces idĂ©es Ă©chouent Ă renverser durablement les rĂ©gimes en place, elle sâimposent toutefois progressivement dans le dĂ©bat public europĂ©en !
DATES REPĂRES
1815 CongrĂšs de Vienne
années 1820-1830 Vagues de révoltes libérales et nationales en Europe
juillet 1830 « Trois glorieuses » à Paris
1830 Indépendances de la GrÚce et de la Belgique
février 1848 « Révolution de février » à Paris
mars 1848 « Printemps des peuples » en Europe