L’INSTAURATION ET L’ENRACINEMENT DE LA RÉPUBLIQUE (1870-1914)
En 1871, après un siècle de révolutions, la France se cherche encore son régime politique. En effet, en septembre 1870, Napoléon III est renversé et la République est proclamée, mais celle-ci est aussitôt contestée : à sa droite par les monarchistes qui entendent bien rétablir de nouveau un roi sur le trône de France ; et à sa gauche par les Communards qui refusent la défaite face aux Prussiens et tentent d’établir une république sociale. Pourtant le régime s’enracine et parvient à susciter progressivement l’adhésion de la plupart des Français en créant une culture républicaine.
problématique centrale
Comment la République parvient-elle à s’imposer dans un contexte de divisions politiques ?
1. UNE RÉPUBLIQUE NÉE DANS LA DÉFAITE FACE À LA PRUSSE (1870-1871)
Comment la guerre franco-prussienne permet-elle à la transition entre le Second Empire et la Troisième République ?
A) La fin du Second Empire (1870)
• La guerre franco-prussienne. À la suite d’incidents diplomatiques, la France déclare la guerre à la Prusse en juillet 1870 mais celle-ci n’est que de courte durée : face aux 500 000 soldats prussiens, la France n’en dispose que de la moitié et son infériorité est surtout visible sur le plan matériel et stratégique, permettant ainsi à son ennemi de traverser rapidement la frontière.
• Napoléon III fait prisonnier. Face à la débâcle qui s’annonce, Napoléon III décide, fin août, de prendre lui-même le commandement de l’armée mais celui-ci se retrouve rapidement bloqué à Sedan et, fait prisonnier des Prussiens, il se retrouve dans l’obligation de capituler le 2 septembre 1870.
B) L’instauration d’une nouvelle République (1870)
• Une défaite humiliante. La défaite est connue à Paris le 4 septembre et la foule envahit l’Assemblée. Les députés républicains de Paris (comme Léon Gambetta et Jules Ferry) en profitent alors pour déchoir l’empereur et proclamer la République à l’Hôtel de Ville de Paris. Soutenus par la foule, ils forment un « gouvernement de Défense nationale » mais les nombreux efforts pour tenter de renverser la situation n’y font rien : la Prusse poursuit la guerre tout en remportant des victoires !
• Le terrible siège de Paris. Une large partie de la population, gagnée par un défaitisme qu’alimentent les pillages et les représailles, se montre réticente à soutenir la guerre plus longtemps. De plus, la capitale subit un terrible siège depuis septembre, et celui-ci s’achève après six mois de lutte et d’actes de résistance lorsque le gouvernement français capitule le 28 janvier 1871, soit quelques jours après la proclamation de l’Empire allemand dans la galerie des Glaces à Versailles. Les Parisiens se sentent humiliés !
• La fin des Bonapartes. Prisonnier des Prussiens, Napoléon III est interné en Allemagne. Après quelques mois de captivité, il est libéré et part rejoindre sa famille en Angleterre. S’il envisage plusieurs fois de retourner en France pour tenter de regagner le pouvoir, ses tentatives échouent : son manque de soutiens et le contexte politique et sociale français étaient peu favorables au rétablissement de l’Empire. Malade, il meurt en 1873 à Chislehurst sans réussir à revenir au pouvoir en France.
2. UNE RÉPUBLIQUE D’ABORD DOMINÉE PAR LES MONARCHISTES (1871-1879)
Comment la République résiste-t-elle malgré la prise de pouvoir des monarchistes ?
A) La commune de Paris : une guerre civile (1871)
• Une monarchie ou une république ? À la demande pressante des Allemands soucieux de négocier avec un pouvoir légitime, des organisations législatives sont organisées début février 1871 et donnent une large majorité aux monarchistes. Les paysans ont en effet voté massivement pour les listes conservatrices car celles-ci sont en faveur d’un traité de paix rapide avec l’Allemagne. En donnant ainsi la majorité aux conservateurs, ces élections consacrent la victoire de la province sur Paris (elle qui avait désigné des républicains de gauche). L’Assemblée remet aussitôt le pouvoir à un homme d’expérience, Adolphe Thiers, nommé chef du pouvoir exécutif de la République française : c’est lui qui est alors chargé de négocier avec les Allemands.
• La révolte libertaire des « Communards ». À peine élue, l’Assemblée conservatrice multiplie les signes de provocation envers les Parisiennes et les Parisiens : elle autorise les Allemands à défiler triomphalement dans la capitale, elle décide de siéger non pas à Paris mais à Versailles et elle ordonne à l’armée française de s’emparer des derniers canons présents à Montmartre. Furieux, les Parisiens s’y opposent et prennent les armes dès mars 1871, à l’image de Louise Michel : c’est ainsi que nait la Commune de Paris. La ville entière se révolte et se choisit des représentants qui adoptent le drapeau rouge comme emblème. Paris veut alors être une ville libre, se gouverner par elle-même et inventer une société nouvelle où l’Église de l’État sont séparés, l’école laïcisée, la presse libre, les musées ouverts au public…
• La victoire sanglante des « Versaillais ». Soucieuses de clore cette guerre civile, les troupes « versaillaises » pénètrent dans Paris avec une violence sans limite lors de la « semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871, marquant alors la fin de la Commune et faisant entre 8 000 et 30 000 morts. Après la bataille, la répression judiciaire succède à la répression militaire avec plus de 10 000 condamnations : à mort, à la prison ou bien à la déportation en Nouvelle-Calédonie.
B) Les Républicains à la conquête de la République (1871-1879)
• Des conservateurs majoritaires mais divisés. Les monarchistes au pouvoir considèrent la République comme étant un régime de transition destiné à préparer une Restauration mais, divisés entre légitimistes et orléanistes, ils n’arrivent pas à faire émerger un candidat unique au trône. Ainsi, pour se donner le temps de choisir, ils désignent en 1873 le monarchiste Patrice de Mac-Mahon président de la République en remplacement de Thiers qui, finalement, s’est rallié aux idées républicaines (par raison mais aussi par ambition). Mac-Mahon annonce ainsi la « restauration de l’Ordre moral », une politique qui confie à l’Église la mission de contrôler la société, mais cette politique favorise surtout la combativité des républicains et leur unité autour de l’anticléricalisme…
• Des institutions pour la République. À l’Assemblée nationale, les républicains se rapprochent des orléanistes pour donner à la République des institutions : les lois constitutionnelles sont ainsi votées en 1875 et établissent les pouvoirs ainsi que les modes d’élection (directe et indirecte) du président de la République et des deux Chambres. Ainsi constituée, la Troisième République respecte la séparation des pouvoirs entre un pouvoir exécutif (présidents de la République et du Conseil) et un pouvoir législatif (députés et sénateurs).
• La conquête des républicains. Les républicains remportent les élections législatives de 1876, obligeant ainsi Mac Mahon à nommer un président du Conseil républicain. Mac Mahon décide cependant de dissoudre la Chambre mais la nouvelle victoire des républicains oblige le président royaliste à démissionner l’année suivante. Son successeur, le républicain Jules Grévy, annonce qu’il ne dissoudra plus jamais la Chambre. La Troisième république devient ainsi un régime parlementaire et les députés décident de quitter Versailles pour Paris qui retrouve son statut de capitale : une mesure symbolique destinée tant à unir la nation qu’à effacer le souvenir douloureux de la Commune.
3. UNE RÉPUBLIQUE QUI S’ENRACINE PROGRESSIVEMENT (1879-1901)
Comment les républicains rassemblent-ils les Français autour de valeurs communes ?
A) Adoption de nouveaux symboles
Dès leur arrivée, les députés Républicains dotent le régime de plusieurs symboles forts pour affirmer sa nouvelle identité et rassembler les citoyens autour de valeurs communes.
• La Marseillaise comme hymne. Chant révolutionnaire, La Marseillaise est adoptée comme hymne national dès 1879. Elle incarne l’esprit de résistance face à l’oppression et inscrit la République dans le patriotisme des grands ancêtres de la Révolution.
• Le 14 juillet comme fête nationale. Commémorant la « Fête de la Fédération » de 1790 (un événement qui rassemble tous les Français), le 14 juillet devient officiellement la fête nationale en 1880. Elle symbolise la réconciliation nationale et célèbre les idéaux de liberté et de fraternité.
• Marianne comme allégorie. La République se donne également une figure emblématique, Marianne, allégorie de la liberté et de la République. Son image est largement diffusée à travers des statues (comme sur celle de la place de la République à Paris), des bustes dans les mairies ainsi que des timbres-poste, renforçant dès lors l’ancrage des valeurs républicaines dans la vie quotidienne.
• L’unité nationale. Dans un esprit de réconciliation, les Républicains votent l’amnistie des Communards en 1880, tournant ainsi la page d’un épisode douloureux de son histoire pour mieux construire l’unité nationale.
• Les expositions universelles. Enfin, les expositions universelles de 1889 et 1900 sont l’occasion d’exalter les symboles républicains, notamment lors de la célébration du Centenaire de la Révolution.
B) Affirmer les grandes libertés individuelles
Victimes de l’arbitraire de l’État impérial ou monarchique et pessimistes quant à la durée du régime, les députés Républicains renforcent dès leur arrivée les libertés individuelles, affirmant ainsi les fondements du régime.
• La liberté de presse. Pour éviter d’être les cibles de décisions ne respectant pas les principes élémentaires de justice, ils confient donc aux citoyens le pouvoir de se défendre contre l’État et d’exister comme individu libre. La liberté de la presse, proclamée par la loi de 1881, devient ainsi un pilier essentiel de la démocratie. Ce « quatrième pouvoir » permet aux citoyens de s’informer librement et aux journalistes de critiquer le pouvoir, jouant ainsi un rôle de contre-pouvoir indispensable dans la vie politique.
• La liberté syndicale. En 1884, pour intégrer la classe ouvrière au projet républicain (et écarter le danger d’une révolution sociale), les députés reconnaissent la liberté syndicale, autorisant dès lors les travailleurs à se regrouper pour défendre leurs droits face au patronat. C’est une avancée majeure dans la lutte pour la justice sociale et l’amélioration des conditions de travail.
• L’exclusion des femmes. Toutefois, cet élan démocratique reste incomplet. Si le suffrage universel masculin est en vigueur depuis 1848, les femmes restent exclues de la vie politique. Cette injustice provoque l’émergence de mouvements féministes, comme celui des Suffragettes qui revendiquent le droit de vote et l’égalité civique.
C) Démocratisation de la vie politique
Pour consolider les bases de la Troisième République, les députés accordent de nouvelles libertés politiques qui favorisent la participation des citoyens et le développement de la vie démocratique sur tout le territoire.
• Démocratiser la politique. « Le souverain, c’est le suffrage universel » proclame Georges Clémenceau en 1881. Mais faut-il éveiller la conscience politique de tous les citoyens. Pour cela, la loi garantissant la liberté de réunion (1881) constitue une étape fondamentale. Et celle instituant la liberté d’association (1901) marque enfin la naissance des partis politiques modernes. Cette démocratisation de l’expérience politique a cependant une limite majeure : les femmes restent exclues d’un suffrage universel qui reste encore exclusivement masculin.
• Implanter la République dans les villages. Comment faire adhérer les campagnes (traditionnellement conservatrices) au projet républicain ? Avec la loi de 1882, les maires ne sont plus nommés par les préfets mais deviennent élus par les conseils municipaux. Une véritable vie politique commence ainsi à animer les campagnes françaises, qui s’ouvrent à des responsabilités civiques inconnues jusque-là. Les nouvelles mairies deviennent d’ailleurs des lieux symboliques de la vie républicaine locale.
D) Éducation publique pour tous et toutes
• Fabriquer l’égalité républicaine. L’égalité, c’est d’abord la possibilité pour chaque individu de s’élever dans l’échelle sociale, d’où le rôle central de l’éducation. Ministre de l’Instruction publique, Jules Ferry met ainsi en place la gratuité de l’enseignement primaire dans toutes les écoles publiques en 1881. L’année suivante, il proclame l’obligation de l’instruction primaire pour tous les enfants de 6 à 13 ans. Ainsi, en dix ans, 20 000 écoles sont construites sur l’ensemble du territoire. Les jeunes filles bénéficient ainsi de ces lois et, dès 1880, des lycées de jeunes filles sont créés afin de leur permettre d’accéder à l’enseignement scolaire public.
• Imposer la laïcité scolaire. Après le retour de l’« Ordre moral » de Mac Mahon, les Républicains veulent ainsi réduire l’influence de l’Église catholique qui leur est majoritairement hostile. Pour garantir l’indépendance de la morale et des sciences face aux religions, Jules Ferry impose en 1882 la neutralité religieuse (ou laïcité) dans l’enseignement scolaire public. Toutefois, afin de permettre aux enfants de suivre une instruction religieuse, un jour libre par semaine leur est accordé en plus du dimanche (1882).
4. UNE RÉPUBLIQUE CONTESTÉE MAIS CONSOLIDÉE (1887-1914)
À quelles oppositions la République doit-elle faire face ?
A) Le boulangisme et le danger nationaliste (1887-1889)
• L’antiparlementarisme. À partir des années 1880, la République affronte une crise économique qui aggrave les tensions sociales et connait une instabilité ministérielle. De plus, une succession de scandales ternit l’image du monde politique : en 1887, Jules Grévy doit démissionner de la Présidence de la République car son gendre se livre à un commerce de légions d’honneur. L’antiparlementarisme se développe dans toute la société.
• Le « général Revanche ». Le général Boulanger, ministre de la Guerre, se rend alors très populaire par son patriotisme et par ses positions agressives vis-à-vis de l’Allemagne (la défaite de Sedan et la perte de l’Alsace-Moselle restent des blessures grave au cœur de la société française). Son renvoi du gouvernement en fait un martyr et, surnommé « général Revanche », il rallie des mécontentements très divers de droite comme de gauche (patriotes revanchards, royalistes désirant une restauration et radicaux souhaitant des réformes sociales…). Il incarne ainsi les espoirs les plus contradictoires en souhaitant instaurer une république plus autoritaire. Élu député en 1889, il est encouragé par ses principaux soutiens à effectuer un coup d’État mais craignant une arrestation, il s’enfuit en Belgique et son mouvement s’effondre. Il a néanmoins fait éclore une génération de déçus de la République, bercés par le nationalisme ambiant.
B) L’affaire Dreyfus : un combat idéologique (1894-1906)
• Une erreur judiciaire. En 1894 (il n’y a pas plus de 100 000 juifs en France, pour 39 millions d’habitants), Alfred Dreyfus, un officier de confession juive, est accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne. Il clame son innocence mais il est tout de même dégradé et déporté au bagne en Guyane. Le véritable coupable finit par être démasqué mais ce dernier est cependant acquitté par un conseil de guerre qui ne veut pas reconnaître l’erreur de l’armée. Le scandale prend de l’ampleur lors de la publication d’un article d’Émile Zola, « J’Accuse » en 1898 : Zola s’attaque à l’armée, à l’État et au gouvernement qui refusent de reconnaître l’erreur judiciaire. Un an après, Dreyfus est une nouvelle fois jugé et condamné. Gracié par le Président de la République en signe d’apaisement, Dreyfus finit par être innocenté en 1906.
• La montée du nationalisme et de l’antisémitisme. L’affaire Dreyfus traverse une grande partie de la société française, divisée entre dreyfusards et antidreyfusards. Mais le débat ne porte pas uniquement sur l’innocence ou la culpabilité de Dreyfus, il oppose passionnément deux conceptions politiques. Du côté dreyfusard, on se mobilise pour les droits de l’homme, la justice et une République porteuse de ces valeurs. Pour les antidreyfusards, on accable de « traite Dreyfus » au nom de la défense de l’armée, d’un nationalisme et d’un antisémitisme exacerbés (« le nationalisme des nationalismes ») où se développe un racisme qui se veut scientifique. L’Église catholique s’en prend elle aussi au judaïsme et le journal La Croix par exemple, fondé en 1883, se glorifie d’être le journal le plus antisémite de France.
C) La laïcité comme réponse à l’intégrisme religieux (1905)
• L’anticléricalisme. La crise du boulangisme suivie de l’affaire Dreyfus provoquent un réflexe de « défense républicaine » dans les partis républicains et socialistes. Ces derniers s’unissent contre la menace des nationalistes et des cléricaux très représentés parmi les officiers monarchistes de l’armée. La lutte contre le cléricalisme devient alors le principal combat de la politique menée par le gouvernement radical d’Émile Combes à partir de 1902 : fermeture des écoles religieuses, laïcisation des tribunaux, fichage des officiers catholiques…
• Une République laïque. Les républicains et socialistes veulent mettre fin au Concordat de 1801 qui règle les relations entre l’Église catholique et l’État depuis 1801. La préparation de la loi de séparation des Églises et de l’État est confiée au député socialiste Aristide Briand. Son texte, débattu et retouché par les députés, est voté en juillet 1905. Désormais, l’État ne nomme plus les évêques ni ne salarie aucun culte et les biens ecclésiastiques deviennent propriété de l’État (si les protestants et les juifs ne s’opposent pas à la loi, le pape la condamne fermement). Selon une logique de sécularisation de la société débutée avec la Révolution française, et malgré les vives réactions des catholiques lors de la crise des inventaires, la laïcité devient une valeur centrale de la République.
L’ESSENTIEL ❤️
⇒ La défaite de 1870 face à la Prusse provoque la fin du Second Empire, la proclamation de la Troisième République et l’humiliation de la France qui se retrouve en 1871 amputée, endettée, occupée et endeuillée.
⇒ Les premières élections de la Troisième République en février 1871 mènent les monarchistes (orléanistes et légitimistes) au pouvoir et Thiers, nommé chef du pouvoir exécutif, négocie les conditions de paix avec l’Allemagne. Toutefois, les Parisiens et Parisiennes se soulèvent en mars 1871 et instaurent la Commune de Paris, un régime libertaire et social. Celle-ci est anéantie après deux mois d’existence par l’armée mais les monarchistes, divisés, n’arrivent pas pour autant à instaurer une nouvelle monarchie en France. D’ailleurs, avec le soutien des orléanistes, les lois constitutionnelles sont votées en 1875 et installent un régime républicain et parlementaire.
⇒ Une fois les républicains au pouvoir, un « nationalisme républicain » propagé par l’État se développe. Héritier des valeurs de la révolution de 1789, celui-ci cherche une meilleure cohésion des Français et des Françaises et instaure des lois majeures pour le progrès, comme celles sur la liberté de la presse, la scolarité gratuite et obligatoire, le droit des associations, la laïcisation de l’État et de l’école…
⇒ Néanmoins, et de façon tout à fait opposée, un autre nationalisme apparait et se développe en France : celui-ci déplore la « décadence » de la France, défend la Nation comme valeur prioritaire et s’identifie à l’Armée et à l’Église considérées comme gardiennes des grandes valeurs traditionnelles. Deux conceptions de la Nation (l’une républicaine et officielle ; l’autre antiparlementaire et antisémite), s’affrontent alors et s’efforcent de mobiliser le pays autour de leurs idéaux jusqu’en 1914.
DATES REPÈRES
• 1870 : Défaite de Sedan et début de la Troisième République
• mars-mai 1871 : La Commune de Paris
• 1879 : Jules Grévy devient le premier Président républicain de la IIIe Rep.
• 1881 : Liberté de presse, de réunion et gratuité de l’enseignement primaire
• 1882 : L’école devient laïque
• 1887-1889 : La crise du boulangisme
• 1894-1906 : L’affaire Dreyfus
• 1905 : Séparation des Églises et de l’État