LA MEDITERRANEE ANTIQUE :
L’HÉRITAGE GRECO-ROMAIN
La Méditerranée, littéralement la « mer au milieu des terres », a longtemps été le théâtre des grandes ambitions de deux cités pas vraiment modestes. D’abord Athènes, la star du 5ᵉ siècle avant notre ère : une cité grecque qui domine un vaste empire maritime. Elle s’impose dans les Arts, la philosophie, la guerre et, surtout, elle invente la démocratie ! Arrive ensuite Rome : un petit village du Latium qui, contre toute attente, avale la Méditerranée à force de routes, de conquêtes et de légions bien huilées. Ainsi, au début de notre ère, l’Empire romain est partout : de l’Espagne à la Syrie, de l’Égypte à l’Angleterre ! Et au passage, il diffuse une nouvelle religion monothéiste en plein essor : le christianisme.
problématique centrale
Comment les civilisations grecque et romaine ont-elles profondément marqué l’espace méditerranéen durant l’Antiquité ?
L’ESSENTIEL ❤️
⇒ Autour de la Méditerranée, tout commence avec les Grecs : de nombreuses cités indépendantes qui rivalisent d’idées brillantes. L’une d’elles, Athènes, devient une star au 5e siècle avant notre ère en inventant la démocratie. Et comme souvent, qui dit pouvoir dit tension : Athènes impose son autorité aux autres cités avec la Ligue de Délos.
⇒ La domination grecque est suivie par l’émergence de Rome qui, de cité-État modeste, se transforme en un empire colossal. À force de conquêtes et de légions musclées, la cité a en effet étendu sa domination sur tout le bassin méditerranéen, imposant ainsi ses lois, sa langue et sa culture, et créant un empire qui s’étend de la Grande-Bretagne à l’Égypte. Cette période de prospérité est marquée par la fameuse Pax Romana, une ère de relative paix et de stabilité.
⇒ Avec la christianisation de l’Europe, un nouveau chapitre s’ouvre. Le christianisme, initialement persécuté, devient progressivement la religion dominante de l’Empire romain. L’édit de Milan en 313 et la conversion de l’empereur Constantin marquent des tournants décisifs dans l’histoire religieuse de l’Occident. Mais la grandeur de Rome ne peut néanmoins éviter la fragmentation : en 395, l’empire se scinde en deux, comme un vieux couple fatigué : l’Empire romain d’Orient (Byzance, pour les intimes) et l’Empire romain d’Occident.
1. LE MONDE GREC, ENTRE UNITÉ ET DIVISIONS
Pourquoi l’espace habité par les Grecs est-il autant uni que divisé ?
A) Un monde uni culturellement : des pratiques communes

• Une langue commune. Dans l’Antiquité, les Grecs parlent tous… le grec ! Même s’il existe des petits accents et des variantes locales (un peu comme entre Marseille et Lille aujourd’hui), tout le monde se comprend. Grâce à cette langue commune, ils peuvent papoter, faire du commerce, écrire des poèmes, monter des pièces de théâtre et philosopher à l’ombre d’un olivier.
• Des mythes et croyances en commun. Zeus, Athéna, Poséidon, Achille, les sirènes, les centaures… Les Grecs ont mythologie aussi riche qu’une série Netflix. Tout cela leur est transmis par Homère, maître des blockbusters avec l’Iliade et l’Odyssée. Ces mythes expliquent le Monde, justifient des rites (genre sacrifices ou processions) et soudent les Grecs autour de croyances partagées et d’une identité commune. Un bon moyen d’avoir un sujet de conversation au banquet.
• Les fêtes panhelléniques. Rien de tel qu’un bon festival entre les cités pour rassembler tout le monde ! Régulièrement, les Grecs se retrouvent dans des sanctuaires panhelléniques (= tous les Grecs) comme celui d’Olympie. Au programme : compétitions sportives, concours de musique, consultations d’oracles… Ces grands rassemblements, c’est un peu leur version antique des Jeux Olympiques modernes : chacun vient défendre sa cité mais dans une ambiance très « on est tous Grecs quand même ». Ces pratiques rituelles et festives confortent ainsi leur identité commune et renforcent les relations entre les différentes cités.
• Des cités similaires. Même si chaque cité grecque a son propre caractère (Athènes l’intello, Sparte la guerrière, Delphes la mystique…), elles ont toutes un air de famille. On y retrouve en effet : l’acropole, une colline sacrée et fortifiée pour prendre de la hauteur (et se défendre au passage) ; l’agora, la place centrale où on fait le marché et refait le monde entre deux olives ; et bien sûr des temples, des théâtres, des stades, des gymnases et un port. Et autour ? Des murailles, parce qu’entre les attaques perses et les disputes de voisinage entre cités, mieux vaut être prévoyant.
B) Un monde morcelé : des divisions géographiques et politiques

• Des cités autonomes. Le Monde grec est composé de puissantes cités rivales situées en Grèce continentale (Athènes et Sparte) et en Grèce d’Asie (Phocée et Milet). Ces polis sont toutefois autonomes et souveraines : chaque cité possède son propre gouvernement (à Athènes, on vote ; à Sparte, on obéit au petit groupe ; à Corinthe, on suit le chef appelé « tyran », c’est dire l’ambiance !) ainsi que ses propres lois, ses propres divinités protectrices, sa propre monnaie… Tout le monde fait donc à sa sauce, et ça ne manque pas de piquant !
• Des cités rivales. Ces cités sont autonomes… mais pas franchement solidaires. Entre la volonté de défendre leurs intérêts, de contrôler des terres fertiles, de dominer les routes commerciales ou simplement de montrer qui a la plus belle armée, les cités se tapent régulièrement dessus. Athènes et Sparte par exemple, c’est un peu les frères ennemis de la Grèce antique : jamais d’accord, toujours prêts à se faire la guerre et à traîner les autres cités dans leurs querelles.
• Un morcellement géographique. Pourquoi toutes ces cités sont-elles aussi indépendantes ? Grâce à la géographie ! La Grèce, c’est en effet une collection de montagnes, de vallées encaissées et de petites îles éparpillées dans la mer Égée. Pas facile donc pour faire des barbecues entre régions. Ainsi, chaque cité se développe dans son coin et comme les déplacements à pied c’est galère, on préfère alors naviguer sur la mer.
• Les colonies et la multiplication des cités. Comme si ce n’était pas assez compliqué, les Grecs se lancent dans la fondation de colonies un peu partout autour de la Méditerranée. De Marseille à Byzance, ils diffusent la culture grecque autour de la Méditerranée et installent de nouvelles cités, aussi indépendantes que leurs cités-mères. Loin d’unir tout ce beau monde, elles multiplient toutefois les rivalités : plus de cités = plus de concurrence = plus de tensions. On est loin de la grande fraternité hellénique…
2. ATHÈNES, UNE DÉMOCRATIE QUI DOMINE LE MONDE GREC
Comment la démocratie athénienne repose-t-elle sur la soumission de ses alliés au 5e siècle avant notre ère ?
A) Athènes, une démocratie directe
• Un nouveau modèle politique. Au 5e siècle avant notre ère, Athènes décide de faire un grand ménage dans son système politique. Exit l’oligarchie où une poignée de privilégiés décide pour tout le monde. Place en effet à un nouveau modèle : la démocratie ! Tous les citoyens peuvent désormais voter les lois, élire les magistrats et participer à l’Ecclésia, la grande assemblée où se prennent les décisions importantes. Pour éviter les petits arrangements entre amis, certaines fonctions sont même attribuées par tirage au sort ! Oui, comme à la loterie (sauf que là, tu gagnes un mandat public, pas une friteuse). Cette organisation politique repose donc sur la participation directe des citoyens à la vie de la cité et pose les fondements de l’égalité devant la loi.

• Une démocratie toutefois incomplète. Mais ne crions pas victoire trop vite : cette démocratie a un sacré trou dans la raquette : sur l’ensemble des habitants d’Athènes, seulement 10 % sont citoyens. Pour avoir ce statut tant convoité, il faut être un homme, libre, né de parents athéniens. Dit autrement : les femmes, les métèques (étrangers installés à Athènes) et les esclaves sont automatiquement exclus du jeu politique. Dommage pour elles et eux. Il s’agit donc d’une citoyenneté forte puisqu’elle offre beaucoup de pouvoir aux citoyens égaux en droits, mais d’une citoyenneté fermée puisque réservée à une minorité !
B) Athènes, une cité à la tête d’une thalassocratie
• La défense de la cité. En contrepartie de leurs droits politiques, les citoyens athéniens ont le devoir de défendre leur cité ! Ainsi, lorsque les Perses débarquent, les hoplites (soldats lourdement armés) et les rameurs de la flotte athénienne se battent comme des lions à Marathon (-490) puis à Salamine (-480), repoussant ainsi l’envahisseur. Résultat : Athènes sort héroïque de ces guerres et gagne en prestige…
• La ligue de Délos. Profitant ainsi de son prestige, Athènes prend la tête d’une alliance avec les cités de la mer Égée pour lutter contre les Perses (-478). Cette alliance est appelée « Ligue de Délos », du nom de l’île sur laquelle est stocké le trésor destiné à financer une flotte de guerre commune. Mais quand la menace perse s’éloigne, Athènes oublie de dissoudre le club et continue de réclamer sa cotisation (le phóros). Les cités qui veulent partir ? Matées sans ménagement ! Petit à petit, la ligue devient moins une alliance qu’un empire athénien déguisé…
• La guerre pour faire fonctionner la démocratie. Et ce n’est pas tout : Athènes puise dans le trésor commun pour financer sa propre politique. Oui, elle se sert dans la caisse ! Grâce à cet argent, elle peut entretenir une immense flotte, payer des milliers de soldats-citoyens (notamment les plus pauvres) et verser le fameux misthós : une indemnité accordée aux citoyens qui participent à la vie politique (parce que débattre toute la journée, ça mérite un petit quelque chose). Autrement dit : la guerre, les impôts des alliés ainsi qu’un bon trésor permettent à Athènes de transformer sa démocratie en réalité concrète, même pour les plus modestes.

C) La fin de la puissance athénienne
• Athènes agace. Athènes, forte de sa gloire militaire et de son trésor bien garni, commence à se comporter comme la grande patronne du Monde grec. À de donner des ordres, de piquer dans la caisse commune et de taper sur les cités qui osent râler, les dents commencent à grincer. Les autres polis, et en particulier Sparte, commencent à se dire que la démocratie athénienne a surtout un goût de domination.
• La guerre du Péloponnèse. En 431 avant notre ère, Sparte prend les devants et monte une coalition anti-Athènes : place à la guerre du Péloponnèse, une longue série de conflits, de sièges, de trahisons et de batailles (spoiler : ça dure presque 30 ans). Athènes est finalement vaincue en 404 avant notre ère et la ligue de Délos est dissoute.
3. ROME, UNE CITÉ À LA TÊTE D’UN VASTE EMPIRE
Comment la cité de Rome devient-elle la capitale d’un vaste empire au 1er siècle avant notre ère ?
A) La République romaine au premier siècle avant notre ère
• La naissance de la République. D’après la légende, Rome voit le jour en 753 avant notre ère, fondée par Romulus, un bébé élevé par une louve. Au début, la ville est gouvernée par des rois mais les familles nobles en ont vite assez de laisser un seul homme décider pour tout le monde. En 509 avant notre ère, le dernier roi est chassé et un tout nouveau système est instauré : la République. Un régime qui va tenir presque 500 ans sans roi sur le trône !
• Le fonctionnement de la République. Dans cette République, le pouvoir se partage, notamment entre gens bien nés !
– Les citoyens peuvent voter les lois et, chaque année, élire les magistrats. Ces derniers dirigent Rome et sont souvent issus de familles nobles.
– Au sommet, on trouve le Sénat : une assemblée d’anciens magistrats. Ce sont eux qui supervisent les grandes décisions, soufflent à l’oreille des magistrats et tirent les ficelles en coulisse.
Tout ce beau monde se résume donc en une devise célèbre : SPQR – Senatus Populus Que Romanum (« le Sénat et le Peuple de Rome »… et dans cet ordre s’il vous plaît).
• Une République guerrière. Rome, ce n’est pas juste des discours et des toges à Rome : c’est aussi une redoutable machine de guerre ! Les citoyens romains, en plus de voter, forment l’armée. Organisés en légions, ils partent à la conquête de tout ce qui bouge. Résultat : au 1er siècle avant notre ère, Rome a déjà mis la main sur l’Italie, l’Espagne, la Grèce, l’Afrique du Nord, la Gaule… bref, sur tout le pourtour méditerranéen. Et comme ils ne manquent pas de confiance, les Romains surnomment la Méditerranée Mare Nostrum (« notre mer », rien que ça) !

• Une République instable. Mais à force de grandir, la République romaine commence à vaciller et les décisions prises à Rome mettent trop de temps à parvenir aux provinces. Au 1er avant notre ère, entre les ambitions démesurées des généraux, le mécontentement populaire et la succession de guerres civiles, le système vacille… L’armée se transforme en instrument de pouvoir personnel, les rivalités s’intensifient et les institutions cèdent sous la pression. Nommé « dictateur à vie », la tentative de Jules César de prendre le pouvoir en 45 avant notre ère n’arrange rien à la situation… Ainsi, après cinq siècles d’existence, la République connait une grave phase d’instabilité !

B) Le début de l’Empire romain en 27 avant notre ère
• Le coup d’État d’Octave. Après l’assassinat de Jules César, une guerre de succession éclate entre ses anciens alliés. Parmi eux : Marc Antoine, grand orateur et général charismatique, et Octave, son fils adoptif, jeune mais redoutablement malin. En 30 avant notre ère, Octave bat Marc Antoine et Cléopâtre : celle-ci se donne la mort, Antoine la suit et Octave hérite du pouvoir sur tout l’Empire. Comme quoi, mieux vaut être stratège que romantique.
• Les pouvoirs d’Octave. Plutôt que de crier « vive la monarchie ! », Octave joue la carte de l’humilité : il garde les institutions de la République mais concentre tous les pouvoirs dans ses mains :
– Militaire avec le titre d’Imperator (qui signifie « général victorieux »), il devient le général en chef des armées ;
– Politique avec le titre de Consul, il fait les lois. Et devine qui les propose ? Lui ! ;
– Religieux avec le titre d’Auguste (qui signifie « digne des dieux »), il dirige la religion. Un culte impérial lui est d’ailleurs rendu et, à sa mort, il est considéré comme un dieu pour lequel des temples sont édifiés. Rien que ça.
Avec ce nouveau régime qui s’appelle le Principat (ou plus simplement l’Empire), Octave met fin aux guerres civiles et inaugure une longue période de stabilité et de prospérité : la Pax Romana. Les routes sont sûres, les villes s’embellissent et les impôts (presque) bien gérés. Du jamais-vu !
• Les contreparties d’Octave. En échange des pouvoirs qu’il concentre, Octave fait mine de restaurer la République. Il maintient en effet les institutions républicaine : le Sénat existe toujours tout comme les magistrats, mais c’est lui qui décide de tout ! Il garde ainsi les apparences pour ne pas froisser les élites et se présente comme le princeps, c’est-à-dire comme le « premier des citoyens », affirmant ainsi son respect des traditions romaines. Bref, c’est le roi… sans la couronne !

4. L’EMPIRE ROMAIN, UN EMPIRE QUI SE TRANSFORME
Comment l’Empire romain se christianise-t-il et comment disparaît-il du 3e au 5e siècle ?
A) Un brassage culturel et religieux
• Un empire multiconfessionnel. Au début de notre ère, l’Empire romain est un peu comme le buffet à volonté des croyances. Pas question d’imposer une seule foi à tout le monde et plusieurs religions cohabitent, souvent sans trop de problèmes. Être citoyen romain ne signifie donc pas adhérer à une seule religion, mais plutôt accepter de vivre dans une société multiconfessionnelle.
• Culte impérial et culte gréco-romain. Parmi les croyances communes, il y a quand même un incontournable : le culte impérial. Autrement dit, rendre hommage à l’empereur comme s’il était un dieu vivant ! C’est un peu la colle religieuse de l’Empire, censée unir tous les citoyens autour d’un même respect de l’autorité romaine. Et comme les Romains sont bons commerçants, ce culte cohabite sans problème avec le panthéon gréco-romain classique : Jupiter, Junon, Mars & co continuent à recevoir des offrandes, pas de jaloux.
• Cultes locaux. Dans les provinces, les dieux locaux ne sont pas mis au rebut, bien au contraire ! Rome préfère les intégrer au système en place. Un dieu égyptien ? Hop, assimilé à un dieu romain ! Un esprit protecteur gaulois ? On lui donne un temple et une petite toge ! Ce métissage religieux permet ainsi aux populations conquises de garder leurs traditions tout en les intégrant à la grande famille romaine. Pratique et diplomatique.
• Judaïsme et christianisme. Tout allait plus ou moins bien jusqu’à l’arrivée de deux religions venues d’Orient : le judaïsme et le christianisme. Celles-ci refusent en effet catégoriquement le culte impérial. Pour elles, un seul Dieu mérite qu’on s’agenouille et l’empereur n’en fait pas partie… Très vite, ces nouvelles croyances posent problème à Rome qui les voit comme des menaces à l’unité religieuse et politique de l’Empire.
B) Un empire qui se christianise progressivement
• Un culte minoritaire persécuté. Au 1er siècle, quelques petites communautés chrétiennes commencent à faire parler d’elles dans les coins de l’Empire. Leur message ? Un Dieu unique, de l’amour, du partage et pas de vénération pour l’empereur. Autant dire que ça passe mal à Rome : les chrétiens sont alors considérés comme suspects, voire dangereux. Leur entêtement à refuser le culte impérial leur vaut des persécutions récurrentes, parfois très violentes (on se souvient des arènes et des lions). Et pourtant, malgré tout, leur foi se répand petit à petit comme une traînée de prière. En 313 toutefois, retournement spectaculaire : l’empereur Constantin signe l’édit de Milan qui autorise enfin le christianisme dans l’Empire. Fini les persécutions, les catacombes et les messages codés en forme de poisson. Et en 325, Constantin convoque le premier concile à Nicée. Objectif ? Mettre un peu d’ordre dans les croyances chrétiennes, parce que tout le monde n’était pas d’accord sur qui Jésus était exactement. C’est aussi à cette époque que la croix devient le symbole officiel de cette religion encore toute jeune.
• La religion de l’empereur puis de l’Empire. Le christianisme, anciennement vu comme une secte rebelle, grimpe les échelons du pouvoir. D’abord religion de l’empereur Constantin, il devient religion officielle de l’Empire sous Théodose à la fin du 4ᵉ siècle. Et là, c’est le grand ménage : en 392, Théodose interdit tous les cultes polythéistes (ou « païens », comme les appellent les chrétiens). Fini les offrandes à Jupiter ou les fêtes en l’honneur de Bacchus. L’ancien panthéon romain tire sa révérence, et la croix prend définitivement le contrôle de l’Empire.
C) Un empire qui se transforme et disparait
• Un empire qui se fragilise. À la fin du 3e siècle, le monde romain est fragilisé : les empereurs se succèdent à un rythme effréné, souvent plus occupés à se battre entre eux qu’à défendre les frontières. Et pendant ce temps-là, les peuples voisins (appelés « barbares » par les Romains, comme les Francs ou les Burgondes) n’attendent pas l’invitation pour entrer. Résultat : invasions, troubles, et panique à tous les étages.
• Constantinople, la « nouvelle Rome ». Heureusement, au 4ᵉ siècle, un empereur remet un peu d’ordre dans ce joyeux bazar : Constantin. Celuic-ci parvient à recoller les morceaux de l’Empire et à restaurer un semblant de stabilité. Surtout, en stratège visionnaire, il décide en 330 de fonder une nouvelle capitale dans l’Est : son choix se porte sur Byzance, qu’il relooke à la romaine et rebaptise sobrement Constantinople (modestie, quand tu nous tiens). Cette « nouvelle Rome » a tout d’une grande : un palais impérial clinquant, un Sénat, des forums, des thermes, des aqueducs, et même un hippodrome pour les fans de chevaux et de frissons.
• La division et la chute de l’Empire. En 395, afin de faciliter la défense des frontières de l’Empire, l’empereur Théodose décide de partager l’Empire entre ses deux fils : ainsi naissent l’Empire romain d’Orient et celui d’Occident. Mais le timing est un peu raté : dès 406, les Huns poussent les peuples germaniques à franchir le Rhin. C’est le début des « grandes invasions » et ça sent le sapin pour l’Empire d’Occident. En 476, c’est la chute finale : Romulus Augustule, le dernier empereur d’Occident est renversé par le chef barbare Odoacre1. Seule la partie orientale de l’Empire survit : l’Empire romain d’Orient (qu’on appellera plus tard Empire byzantin) continue de briller encore près de mille ans, avec Constantinople pour capitale étincelante.
DATES REPÈRES
-800 Naissance des cités grecques et de Rome. cCes deux-là vont faire beaucoup parler d’elles !
-27 Octave devient Auguste et là, changement d’ambiance : adieu la République, bonjour l’Empire !
476 Fin de l’Empire romain en Occident. Rideau sur Rome, place désormais au Moyen Âge !
- La fin de l’Empire romain est en vérité bien plus complexe que cela : l’instabilité politique avec la multiplication des empereurs, l’instabilité environnementale avec des périodes de fort refroidissement et l’instabilité sanitaire avec la diffusions de pandémies viennent compléter et parfois expliquer les pressions militaires et invasions germaniques. ↩︎