MIGRANTS ET TOURISTES INTERNATIONAUX DANS LE MONDE
Le Monde est marqué par une très forte augmentation des mobilités internationales, c’est-à-dire par des déplacements de populations entre les pays. Se déplacer aujourd’hui est en effet plus facile, plus rapide et moins cher qu’il y a encore quelques décennies. Toutefois, derrière cette hausse des mobilités, se cachent en fait de nombreuses disparités : migrer (270 millions de personnes) est beaucoup moins facile que partir vers l’ailleurs pour le visiter (1,4 milliard de personnes). Ainsi, qu’ils soient temporaires ou plus longs, ces déplacements témoignent surtout des inégalités qui traversent le Monde.
problématique centrale
Comment les mobilités internationales transforment-elles les territoires et les populations ?
1. LES MIGRATIONS INTERNATIONALES DANS LE MONDE
Quelles sont les caractéristiques et les conséquences des migrations internationales ?
A) Migrer : un phénomène mondial majeur
• Des migrants de plus en plus nombreux. Si la plupart des humains vivent dans leur pays de naissance, le nombre de migrants est toutefois en forte augmentation dans le Monde : selon l’ONU, environ 270 millions de personnes résidaient officiellement en dehors de leur pays d’origine en 2020, soit presque trois fois plus qu’au début des années 1980. Toutefois, malgré cette augmentation, la part des migrants dans la population mondiale demeure stable, autour de 3,5 % de la population mondiale.
• Une répartition inégale des flux. Tous les migrants ne se déplacent pas dans les pays riches. En effet, contrairement aux idées reçues, les migrations Sud-Sud sont les plus nombreuses et représentent plus de 37 % des migrations internationales. Viennent ensuite les migrations Sud-Nord puis Nord-Nord. En revanche, les migrations Nord-Sud sont peu nombreuses et ne représentent que 7,5 % des migrations internationales.
• Des migrations principalement régionales. Dès lors, on constate que la majorité des migrations internationales s’effectue sur des courtes ou moyennes distances. En effet, 67 % des migrants sont européens en Europe ; 53 % sont africains en Afrique ; 60 % sont asiatiques en Asie et 59 % proviennent des pays du continent américain en Amérique.
B) Différentes raisons de partir
• Raisons économiques. Chaque année, des millions de personnes traversent les frontières pour fuir la misère et tenter une nouvelle vie ailleurs. C’est par exemple le cas des migrants d’Amérique latine qui souhaitent se rendre aux États-Unis, ou bien des migrants d’Asie du Sud qui se déplacent vers les pays du Golfe. Cette situation touche principalement des populations pauvres, mais pas uniquement : la « fuite des cerveaux » désigne en effet les migrations (souvent légales) de cadres et de jeunes diplômés vers l’étranger, à la recherche de meilleurs contrats : c’est par exemple le cas de certains médecins d’Europe de l’Est qui partent travailler dans ceux de l’Ouest ou des ingénieurs Mexicains aux États-Unis.
• Raisons politiques. Des millions personnes quittent également leurs pays dans le but de fuir un danger ou d’échapper aux persécutions. C’est par exemple le cas dans les pays en guerre (Syrie, Ukraine…) ou bien dans les dictatures (Russie, Libye, Birmanie…) où les droits des humains ne sont pas respectés. Dans ce cas, ces migrants sont alors considérés comme étant des réfugiés politiques et peuvent bénéficier de l’asile le plus souvent dans les pays limitrophes. En 2023, l’ONU comptabilise plus de 100 millions de réfugiés dans le Monde.
• Raisons climatiques. Les réfugiés climatiques sont eux aussi de plus en plus nombreux dans le Monde, obligés de fuir leur domicile à cause du changement climatique : c’est par exemple de cas au Bangladesh ou dans de nombreuses îles du Pacifique. L’ONU les estime ainsi aujourd’hui à plus de 25 millions, mais ce chiffre ne va cesser d’augmenter dans les prochaines années.
• Raisons culturelles. Enfin, on peut aussi migrer pour des raisons culturelles, notamment pour étudier. C’est le cas des étudiants qui intègrent le programme Erasmus en Europe. : ils sont aujourd’hui deux fois plus nombreux à y participer chaque année qu’au début des années 2000.
C) Les impacts multiples des migrations internationales
• Impacts économiques. Les migrants contribuent à la croissance des pays d’accueil par leur force de travail, permettent de limiter le vieillissement des populations et participent au développement de leur pays d’origine en rapatriant une part non négligeable de leurs revenus : un milliard de personnes dépendant ainsi de ces transferts d’argent (remises), évalués à plusieurs centaines de milliards de dollars dans le Monde : ces transferts représentent par exemple 42 % du PIB du Tadjikistan et 28 % de celui du Népal.
• Impacts cultuels. Les migrations internationales permettent aussi le brassages des cultures. Les métropoles mondialisées (Istanbul, Paris, New York, Londres, Dubaï…) constituent la destination finale des migrants. Les opportunités d’emploi y sont nombreuses et les solidarités communautaires plus fortes en raison des migrants déjà installés. C’est ainsi au cœur de ces métropoles que l’on retrouve les diasporas les plus nombreuses.
• Impacts sociaux. Les migrations engendrent de plus en plus de tensions sociales et politiques dans les pays d’accueil avec les populations locales. Dans les pays développés (Australie, pays de l’UE, États-Unis…), ces flux migratoires sont souvent perçus par une partie de plus en plus importante de leurs population comme une invasion, ce qui donne lieu à des politiques de fermeture des frontières, d’expulsion des migrants clandestins, voire de construction de murs.
2. LE TOURISME INTERNATIONAL DANS LE MONDE
Quelles sont les caractéristiques et les conséquences du tourisme international ?
A) L’explosion récente du tourisme international
• Une activité en plein essor. Le tourisme, c’est-à-dire le déplacement temporaire vers un ailleurs, est une pratique récente qui débute en Angleterre vers 1790 sous la forme d’un voyage autour de la Méditerranée appelé le « Grand Tour ». Depuis, le nombre de touristes n’a cessé d’augmenter : s’ils étaient une poignée d’aristocrates à se déplacer temporairement en dehors de chez eux au 18e siècle, ils sont d’aujourd’hui presque 1,4 milliard (soit un humain sur six).
• Des causes multiples. Plusieurs raisons expliquent cette intensification de la mobilité touristique : l’élévation progressive du niveau de vie des populations (ce qui permet de disposer de temps libre et de moyens financiers), la diminution du coût du transport aérien depuis les années 1990, la multiplication et la diversité des infrastructures d’accueil pour touristes (campings, hôtels, salles de congrès…).
• Un tourisme mondialisé. Les douze premières destinations (majoritairement en Europe) reçoivent la moitié des flux touristes. Toutefois, l’ensemble du Monde est plus ou moins concerné par le tourisme : la Chine, la Turquie, la Thaïlande et la Malaisie sont récemment devenues des destinations majeures tandis que les campagnes françaises le deviennent également avec le développement du tourisme vert. En revanche, les pays d’Afrique et du Moyen-Orient restent encore en retrait malgré quelques destinations attractives (Maroc, Dubaï).
B) La diversité des acteurs du tourisme
• Les États. Par leur volonté de faciliter les visas ou de spécialiser leurs territoires dans le tourisme (par des politiques d’aménagement ou par des législations favorables), les États sont les principaux acteurs du tourisme international.
• Les entreprises. L’économie du tourisme se structure également autour de grands acteurs internationaux qui offrent des services à l’échelle mondiale : compagnies aériennes (American Airlines), groupes hôteliers (Accor), agences de voyages (Thomas Cook), chaînes de restaurants (Starbucks), parcs de loisirs et d’attraction (Disneyland)… Et de nouveaux acteurs apparaissent aussi sur Internet, comme des agences de voyages (Expedia) ou bien des plateformes de réservation (Airbnb).
• Les individus. Tous les touristes sont des acteurs du tourisme international, et leurs motivations de départ sont variées : la plupart d’entre eux voyagent pour un motif récréatif (vacances à la mer, croisières, parcs d’attraction), culturel (sites historiques, musées, monuments…) sportif (ski à la montagne), affinitaire (rendre visite à un proche), religieux (Rome, La Mecque, Jérusalem), médical (opération chirurgicale moins chère ou de meilleure qualité) ou encore professionnel (tourisme d’affaire). Toutefois, cette mobilité touristique n’est pas accessible à tous : les populations les plus pauvres d’Afrique, d’Amérique Latine ou d’Asie n’ont pas accès à ce marché.
C) Les effets du tourisme international sur les territoires
• Un moyen de développement. Le tourisme pèse environ 10 % du PIB mondial, chiffre en croissance depuis les années 1980. Cette manne financière est telle que certains pays en développement utilisent le tourisme comme un des piliers de leur développement économique : c’est par exemple le cas des îles des Maldives et des Seychelles ou bien la Thaïlande.
• Un levier d’aménagement. Le tourisme international permet également l’aménagement et l’intégration dans la mondialisation de certains territoires : les grandes métropoles se dotent en effet d’infrastructures de transports gigantesques (aéroport, ports de croisières, autoroutes) et de grands musées se multiplient à travers le Monde (Louvre à Abou Dhabi, Guggenheim à Bilbao).
• Des espaces vulnérables. La popularité de certaines destinations (Venise en Italie, château de Versailles en France, temples d’Angkor au Cambodge, parcs nationaux aux États-Unis) engendre un « surtourisme » et participe à renforcer le phénomène de « tourismophobie » (comme à Barcelone ou dans certaines îles grecques). De plus, le prix de l’immobilier augmente dans les principales destinations urbaines, comme ceci est le cas dans l’île Saint-Louis à Paris, ce qui accentue les phénomènes de ségrégation socio-spatiale. Enfin, le tourisme international est très lié au contexte international, qu’il soit politique (Égypte) ou sanitaire (la crise du Covid), rendant ainsi très vulnérables les territoires trop spécialisés dans le tourisme.
L’ESSENTIEL ❤️
⇒ Environ 270 millions de personnes vivent hors de leur pays de naissance (soit environ 3 % de la population mondiale) pour des motivations diverses : politiques, économiques, climatiques. Ces migrations se font principalement entre les pays des Sud, entre les Suds vers les Nords mais également des Nords vers les Nords. Dans les pays riches, des politiques migratoires deviennent dès lors de plus en plus restrictives : les tensions deviennent nombreuses, en particulier aux frontières où les contrôles sont accrus, notamment pour limiter les migrations clandestines.
⇒ Il y a désormais plus d’1,4 milliard de touristes internationaux dans le Monde. Ce chiffre est en augmentation constante, du fait du développement des pays émergents (comme la Chine). Ainsi, le tourisme est désormais un secteur-clé de l’économie mondiale (10 % du PIB mondial) mais les mobilités touristiques ont parfois des impacts négatifs : surfréquentation, dénaturation des lieux, pollution… Trois grandes bassins touristiques se partagent 75 % des flux mondiaux : le bassin méditerranéen et l’Europe, le bassin caribéen et l’Amérique du Nord et l’Asie orientale.