DÉVELOPPEMENTS ET INÉGALITÉS
DANS LE MONDE
Les pays du Monde n’avancent pas au même rythme en matière de développement : certains connaissent une forte amélioration du niveau de vie tandis que d’autres restent confrontés à de fortes difficultés économiques et sociales. Pourtant, le développement économique est souvent présenté comme un moyen de réduire la pauvreté et d’améliorer les conditions de vie des populations. Mais ses effets ne sont pas toujours les mêmes selon les régions, les pays ou même les villes…
problématique centrale
Le développement économique favorise-t-il la baisse des inégalités ou contribue-t-il à les renforcer à toutes les échelles ?
L’ESSENTIEL ❤️
⇒ Le Monde se développe : l’IDH progresse, l’extrême pauvreté recule et de plus en plus d’humains accèdent à l’éducation, à la santé et à la ville. Mais ce progrès ne doit pas masquer une réalité essentielle : si la pauvreté diminue, les inégalités, elles, se renforcent à toutes les échelles (entre les pays, entre les régions et même à l’intérieur des villes).
⇒ Les inégalités entre pays restent fortes à l’échelle mondiale.
– Les pays développés, dotés d’un IDH très élevé, reposent sur des économies innovantes et de services avancés, offrant des niveaux de vie parmi les plus hauts.
– Les pays émergents connaissent une croissance rapide et une montée en puissance industrielle et technologique, mais avec des inégalités internes encore marquées.
– Les pays en développement, dont l’IDH est moyen, restent dépendants d’activités peu qualifiées ou de matières premières, ce qui fragilise leur croissance.
– Enfin, les PMA, majoritairement situés en Afrique subsaharienne et Asie du Sud, cumulent faible IDH, infrastructures limitées et forte vulnérabilité économique, sociale et climatique.
⇒ Des inégalités fortes à l’intérieur des pays. Les pays développés, comme les États-Unis, montrent que la richesse ne garantit pas l’égalité : malgré un PIB immense, les écarts de revenus y sont très forts et la Californie illustre parfaitement cette fracture avec des niveaux de vie et des loyers qui varient du simple au quadruple selon les territoires. De même, les pays émergents et en développement connaissent une croissance rapide mais souvent accompagnée de grandes disparités sociales…
⇒ Ainsi, le développement mondial avance, mais il avance de manière inégale. Le véritable défi du 21ᵉ siècle n’est donc plus seulement de produire plus de richesses, mais de mieux les répartir, pour que le développement profite réellement à tous !
1. UN MONDE QUI SE DÉVELOPPE
Comment mesurer le développement dans le Monde ?
A) Qu’est-ce que le développement ?
Le développement désigne les progrès économiques et sociaux d’une société. Il ne s’agit pas seulement aux habitants d’avoir plus d’argent, mais aussi de pouvoir manger à leur faim, boire de l’eau propre, aller à l’école, se soigner et vivre dans un logement correct… Bref, le développement signifie vivre bien et longtemps dans une société qui prend soin de tous ses habitants.
B) Mesurer le développement dans le Monde
Mais alors, comment savoir si un pays est vraiment développé ou en train de le devenir ? On utilise plusieurs outils pour ça.
• D’abord, le PIB, le Produit Intérieur Brut. Il mesure la quantité de richesses produites dans un pays chaque année. Plus le PIB est élevé, plus le pays produit et, en théorie, plus il a les moyens de faire vivre ses habitants correctement. Le problème, c’est que le PIB ne dit rien sur qui profite de cette richesse, ni sur les inégalités, ni sur les dégâts causés à l’environnement…
• C’est là qu’intervient l’IDH, l’Indice de Développement Humain. Un peu plus malin celui-là : il prend en compte l’espérance de vie, le niveau d’éducation et les revenus. Cela donne une image plus complète de la qualité de vie dans un pays. Bonne nouvelle : l’IDH mondial a bien progressé depuis 1990. Même s’il a un peu chuté récemment, il recommence à remonter depuis 2023. Attention quand même : l’IDH ne voit pas tout, notamment les inégalités entre riches et pauvres dans un même pays.
• Autre indicateur utile : le taux d’urbanisation. Il nous dit combien de personnes vivent en ville. Aujourd’hui, plus de la moitié de l’humanité vit en milieu urbain. Et pour cause : la ville offre plus facilement l’accès aux soins, à l’école, aux transports, aux emplois, aux richesses… Mais attention : si les urbains sont toujours moins pauvres que les ruraux, tous les urbains ne sont pas riches pour autant ! Certains quartiers concentrent les richesses, tandis que d’autres la pauvreté. Il suffit de comparer les quartiers chics aux bidonvilles de Mumbai par exemple pour s’en rendre compte.
• Et enfin, parlons de la pauvreté extrême, celle des personnes qui vivent avec moins de 1,90 $ par jour (soit environ 50 euros par mois). Cette pauvreté-là diminue dans le Monde grâce à la croissance économique et à la solidarité internationale. Mais ce n’est pas fini pour autant ! Car si l’extrême pauvreté recule, la pauvreté, elle, reste encore bien présente : aujourd’hui, un humain sur deux vit encore avec moins de 7 $ par jour (environ 200 euros par mois).
C) Bilan : un développement en progrès, mais inégal et non durable
Oui, le monde se développe. On produit plus, on vit mieux, on vit plus longtemps et on s’installe de plus en plus en ville. Mais tout n’est pas rose pour autant et le bilan doit être nuancé : la pauvreté n’a pas disparu, les inégalités sont encore bien présentes, et ce développement met souvent la planète en danger avec plus de pollution, de gaspillage et de tensions sur les ressources naturelles…
2. UN MONDE FRACTURÉ ET INÉGALITAIRE
Quelles sont les inégalités présentes entre les pays ?

A) Les pays développés
Les pays développés se caractérisent par un IDH très élevé (supérieur à 0,85), ce qui se traduit par une espérance de vie longue, un niveau d’éducation élevé et des revenus importants. Leur économie repose largement sur les services avancés (finance, recherche, ingénierie, éducation, santé) et sur les hautes technologies. Ces pays ont su investir massivement dans l’innovation et disposent d’infrastructures performantes, notamment numériques.

Par exemple, les États-Unis, le Japon ou encore la Corée du Sud sont des leaders mondiaux dans les secteurs de l’informatique, de l’intelligence artificielle, de la robotique ou de la biotechnologie. L’Europe de l’Ouest (France, Allemagne, Royaume-Uni) s’appuie quant à elle sur des industries de pointe (aéronautique, automobile, pharmaceutique). Ces économies très productives attirent les capitaux et génèrent des niveaux de vie parmi les plus élevés au Monde.
B) Les pays émergents
Les pays émergents, comme le Mexique, le Brésil, la Russie, la Turquie, la Chine ou l’Indonésie, connaissent une croissance rapide depuis plusieurs décennies. Leur IDH se situe entre 0,65 et 0,80 environ : ils ont amélioré l’éducation et l’accès aux soins, mais les inégalités sociales restent encore importantes. Leur économie est également en pleine transition : historiquement fondée sur l’industrie et les exportations, elle évolue progressivement vers les services (banques, tourisme, commerce, numérique).

La Chine illustre parfaitement cette évolution : initialement « usine du Monde », elle investit aujourd’hui massivement dans les technologies avancées (smartphones, véhicules électriques, IA). En effet, ces pays sont fortement intégrés à la mondialisation : ils attirent les entreprises, accueillent des investissements étrangers et jouent un rôle important dans le commerce mondial. Le Brésil, par exemple, est un acteur majeur de l’agro-industrie, tandis que la Turquie est devenue un carrefour industriel et logistique entre l’Europe et l’Asie.
C) Les pays émergents
Les pays en développement présentent un IDH moyen, souvent entre 0,50 et 0,70. Leur économie repose encore en grande partie sur des secteurs peu qualifiés, notamment l’industrie à bas coûts de main-d’œuvre (textile, fabrication simple) ou l’exploitation de matières premières (minéraux, pétrole, produits agricoles).

Par exemple, le Bangladesh est devenu un grand exportateur mondial de textile grâce à une main-d’œuvre abondante et bon marché. Le Nigeria, quant à lui, dépend largement de sa production pétrolière, même si le reste de l’économie demeure peu diversifié. Ces pays sont également souvent dépendants des fluctuations des prix mondiaux, ce qui rend leur développement fragile… Les inégalités sociales y restent fortes, même si la croissance permet parfois l’émergence d’une classe moyenne.
D) Les pays les moins avancés (PMA)
Les PMA regroupent 46 pays identifiés par l’ONU, principalement en Afrique subsaharienne mais aussi en Asie du Sud (Afghanistan, Yémen). Leur IDH est faible (inférieur à 0,50) en raison d’un accès limité aux soins, à l’éducation et à un niveau de vie insuffisant. Leur économie repose majoritairement sur l’agriculture de subsistance (mil, sorgho, riz), souvent dépendante du climat, avec peu d’industrie et des infrastructures peu développées.

Par exemple, le Niger ou le Mali tirent une grande partie de leurs revenus de l’agriculture et de l’élevage, tandis que l’Éthiopie dépend fortement des exportations de café. Ces pays sont les plus vulnérables face aux crises économiques, climatiques ou politiques, et la pauvreté y reste très élevée. Ils bénéficient souvent de programmes d’aide internationale pour soutenir la santé, l’éducation ou la sécurité alimentaire…
3. DÉVELOPPEMENT ET INÉGALITÉS : ÉTUDE DES ÉTATS-UNIS ET DE LA CALIFORNIE
Les États riches et développés sont-ils préservés des inégalités ?
A) Les États-Unis, le pays le plus riche du Monde
Les États-Unis possèdent le PIB le plus élevé du Monde. Ils dépassent largement les autres économies : 1,5 fois la Chine, 7 fois le Japon, 9 fois la France, 13 fois le Brésil…
B) Les États-Unis, un pays très inégalitaire
Les États-Unis sont très inégalitaires : certains États du centre et du Nord (Vermon) produisent moins de 1 % de la richesse du pays, tandis que d’autres (Texas ou NY) produisent beaucoup plus. Les différences sont donc énormes d’un État à l’autre. À l’inverse, la Californie est l’État le plus riche du pays : elle produit plus de 14 % du PIB américain. À elle seule, elle pèse autant qu’un grand pays comme le Japon ou l’Inde. La Californie est donc un moteur économique dans un pays où les richesses sont très mal réparties.
C) La Californie, un État riche mais facturé
La Californie est un État riche mais profondément inégalitaire. Son indice de Gini très élevé (0,495), parmi les plus hauts du pays, révèle de forts écarts de revenus entre habitants. Ces inégalités se voient aussi dans le prix des loyers, qui varie énormément : moins de 700 $ dans certains comtés ruraux, mais près de 3 000 $ dans les zones très riches de la baie de San Francisco. Autrement dit, des territoires très aisés côtoient des régions beaucoup plus modestes.